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La main qui vous nourrit dirige votre monde

Dans l’esprit de nombre de gens, l’Afrique et la nourriture forment un tandem incongru, un duo atypique forcément incompatible, deux notions destinées à vivre  séparées – tout comme l’huile et l’eau.

Un coup d’œil à travers mon objectif africain et j’aperçois une tout autre réalité. Ce qui me parait absurde n’est pas tant l’acceptation généralisée de l’affirmation ci-dessus, mais plutôt le fait que le récit alimentaire de l’Afrique soit truffé d’incohérences et de trous béants.

Considérons les trois contradictions suivantes, par exemple.

  1. L’Afrique, berceau de l’humanité … mais pas celui de la nourriture ?

Des années auparavant, j’ai visité un musée agricole en Europe – plus précisément dans le Sud de la France. La pièce maîtresse mise en vedette visait à montrer les origines des principales cultures alimentaires dans le monde. Les flèches sillonnaient en tous sens le globe, retraçant le parcours des cultures alimentaires depuis leurs points de départ et tout au long de leur périple à travers le temps et l’espace.

Pourtant, quelque chose clochait sérieusement.

Aucune des flèches reliant un point à un autre sur la carte alimentaire du monde ne provenait de l’Afrique.  Le continent était totalement contourné, survolé tel un espace invisible. Aucune mention n’est faite d’aucune culture de cette région. En revanche, plusieurs flèches pointaient en direction de l’Afrique, ayant choisi le continent comme destination finale.

Quelle grotesque parodie de la réalité!

Comment est-ce possible pour l’Afrique, berceau de l’humanité, de ne pas figurer comme l’un des lieux d’origine de denrées alimentaires ? Peut-être que nos ancêtres étaient suffisamment forts après tout pour avoir survécu d’eau et d’air !

Blague à part, je me suis posée la question de savoir s’il s’agissait d’une ignorance pure et simple de la richesse alimentaire que possède l’Afrique. Ou alors, est-ce une tentative délibérée de la part des étrangers, et en particulier de l’Occident, de découpler l’Afrique et la nourriture, d’effacer de la mémoire collective le rôle et la contribution du continent à l’alimentation du monde ?

  1. La pauvreté dans l’abondance

Une chose sur laquelle tout citoyen africain et étranger ayant foulé le sol africain s’accordent est celle-ci : L’Afrique, qui regorge de ressources naturelles abondantes, est le continent le plus riche de notre planète.

Avec de vastes terres fertiles arrosées par des eaux abondantes, des côtes s’étendant sur des milliers de kilomètres, l’Afrique, convenablement située dans la zone tropicale, offre les conditions des plus propices pour une grande variété de cultures, et ceci tout au long de l’année. Ses mers, lacs et rivières sont remplis de poisson pendant que ses ressources animales portent les plus grands espoirs en tant qu’aliment de base.

Certainement, nul ne souffrirait de la faim sur ce continent d’abondance !

Malheureusement, la réalité sur le terrain est différente.

D’un côté, on a une Afrique qui est une source importante pour les produits alimentaires de qualité, tels que le café, le cacao, les fruits et graines oléagineux, les fruits et légumes tropicaux, le bétail, les produits de pêche, qui sont expédiés par conteneurs maritimes entiers vers les marchés externes. Le continent est de plus en plus présenté comme la future frontière alimentaire étant donné son potentiel à nourrir toute la planète.

De l’autre côté, à peine s’il y a des propos concernant une production alimentaire suffisante pour approvisionner les marchés africains. Où sont les vastes plantations de maïs, de riz africain, de teff, de sorgho, de millet ? Où sont ces fruits et légumes, ces produits de la pêche et animaliers qui devraient inonder nos marchés et nos cuisines ?

Lorsqu’il s’agit de la nourriture en Afrique, les seuls sujets de conversation ont trait aux mauvaises récoltes, aux récoltes perdues, aux maladies végétales, aux pénuries alimentaires, à la flambée des prix des denrées alimentaires, à une croissance démographique explosive, et à la sécheresse qui va de pair évidemment avec la faim. On nous dit que l’offre alimentaire au niveau local est confrontée à une multitude de défis, de menaces et de risques, qui ont pour effet de restreindre la capacité du continent à se nourrir lui-même.

Pourtant, des millions de citoyens africains continuent d’être mal nourris et sous-alimentés, tandis qu’un grand nombre souffre de la faim chaque jour.

Ainsi, nous avons une Afrique d’abondance et une Afrique de la pauvreté, les deux faces d’une même pièce alimentaire.

Comment l’Afrique peut-elle être aussi pauvre au milieu de toute cette abondance ? Comment l’Afrique, qui a tant de nourriture à offrir le monde, peut avoir si peu à pourvoir aux besoins de son propre peuple ? Comment est-ce que le futur ‘grenier’ du monde continue d’être un cas désespéré lorsqu’il s’agit de se nourrir soi-même ?

  1. L’Afrique émergente mais affamée

Deux mois auparavant, alors que je faisais défiler mon  twitter feed, je suis tombée sur un tweet qui a retenu mon attention. Il posait la question suivante : ‘Comment s’effectue la montée de l’Afrique? Est-ce à coups d’hélium ou grâce à une dose généreuse de levure de boulanger?

Le tweet peut paraître sarcastique au premier abord, mais il soulève une question fondamentale relative au récit de l’émergence de l’Afrique et tout le battage publicitaire qui l’accompagne. Il fait écho au sentiment grandissant de nombreux citoyens africains vu qu’ils interrogent le récit qui  tend à dissimuler leur combat quotidien pour s’alimenter et qu’ils déclarent, haut et fort, qu’il leur est impossible ‘de manger la croissance’.

Des ennuis au paradis de l’Afrique émergente ?

Malgré qu’elle ait connu une des croissances économiques les plus rapides au monde au cours de la décennie passée (Where is the Growth? Africa), l’Afrique se trouve confrontée à une crise alimentaire qui perdure. Et, en ces temps de changement climatique, la faim commence à jeter son ombre sinistre sur les citoyens africains, menaçant d’inverser les progrès accomplis sur le continent.

Les moissons exceptionnelles des bonnes années sont facilement défaites à la moindre sécheresse,  crue subite, ou invasion de criquets. La fragilité de la situation alimentaire fait ressortir les lacunes du modèle de croissance actuellement suivi par le continent.

Dans sa hâte de gravir l’échelle de développement, l’Afrique semble avoir mis la charrue avant les bœufs. Le continent aurait sauté une étape importante qui est celle de poser le fondement solide pour une économie robuste. L’alimentation, qui aurait du former le socle de tout modèle logique de croissance, se trouve reléguée à l’arrière plan des priorités de développement dans maints pays africains.

Comment est-ce que l’Afrique peut prétendre réussir sa croissance alors qu’elle échoue lamentablement dans ses efforts à nourrir son peuple ? Comment est-ce qu’elle peut narrer le récit de l’Afrique émergente sans pour autant fournir une réponse adéquate à la question alimentaire, sans corriger son récit alimentaire?

Les exemples ci-dessus sont le genre de contradictions qui troublent le récit de l’alimentation en Afrique. Sans se rendre compte, ces incohérences et ces failles ont  déformé nos points de vue, nos décisions et nos actions concernant l’alimentation en Afrique.

Pendant longtemps, les ressources alimentaires de l’Afrique ont été dénigré, désapprouvé, écarté puisque considérées impropres à la consommation humaine par l’Occident. On nous a obligés de les voir comme ayant moins de valeur, comme étant moins nourrissantes. On nous a dit de les rejeter, de modifier nos régimes alimentaires, et d’adopter une alimentation ‘moderne’, sophistiquée’, réduisant ainsi nos choix à une gamme qui sied aux normes occidentales.

On nous a amenés à croire que les politiques alimentaires que l’on a héritées de la période coloniale – et toujours en vigueur de nos jours – sont dans notre propre intérêt. Pour cela, nous consacrons notre argent, notre temps et notre énergie à produire les aliments qu’on ne consomme pas, au lieu des aliments qu’on consomme.

Nous n’avons jamais essayé de comprendre le bien-fondé des instructions qu’on nous impose tel que le retrait des subventions dont nos systèmes locaux de production alimentaire ont grand besoin, lorsque ces mêmes subventions constituent la bouée de sauvetage pour les agriculteurs à travers l’Union européenne (‘Sans aide, point de salut’, journal TV5 monde, 25 janvier 16). Dès lors, notre chaine alimentaire demeure faible et fragile.

Plus récemment, on s’est lancé dans une course féroce vers l’abîme, en se faisant la concurrence en vue d’attirer des investissements étrangers vers l’Afrique. Notre terre est offerte sur un plateau pour sucrer les accords d’investissements, tandis qu’elle est vendue à à prix bradé aux pays européens et aux pays émergents pour qu’ils puissent cultiver leurs propres récoltes.

Pourquoi le besoin de nous nourrir est-il perçu comme étant superflu alors que les besoins alimentaires des étrangers sont considérés comme étant indispensables ?

Entre-temps, on nous berne, nous faisant croire qu’on n’a pas à nous inquiéter pour notre propre nourriture, puisqu’il y a une main invisible, étrangère qui prendrait soin de nos besoins.   C’est ainsi que nous avons accepté d’être des éternels mendiants choisissant de dépendre sur la charité alimentaire chaque fois qu’un mauvais sort nous frappe. C’est pour cela que nous n’hésitons pas à dépenser la somme ridicule de 35 milliards de dollars E.-U chaque année sur les importations alimentaires en provenance de l’extérieur, des aliments que nous pouvons produire nous-mêmes.

Comme pour aggraver les choses, nos côtes et nos eaux sont des cibles faciles pour les prédateurs voyous, qui nous volent au grand jour. La pêche commise de façon illégale et à grande échelle par les bateaux étrangers est en train de vider nos eaux de nos stocks de poisson, nous laissant complètement à sec.

Notre biodiversité et savoir agricole sont en voie d’extinction à cause de notre négligence pendant que nous laissons notre porte grande ouverte aux vautours impitoyables en quête d’opportunités pour ravir notre richesse alimentaire au moyen d’arnaques organisées (How Ethiopia Lost Control of its Teff Genetic Resources).

Ce qui m’amène à la question centrale: Pourquoi ? Qu’y a-t-il en jeu?

L’alimentation en Afrique a fait couler beaucoup d’encre, surtout lorsque le sujet cadre avec le récit occidental, c’est-à-dire vu sous l’optique de la pénurie et de l’impuissance.

Depuis l’indépendance, le continent africain est devenu un laboratoire à ciel ouvert, un terrain d’essai pour une panoplie de ce que l’Occident désigne de manière affectueuse ‘solutions de développement’.

Toutefois, aucune d’entre elles n’est calquée sur le fameux adage chinois qui dit : ‘ Offres à un être humain du poisson et  tu le nourris pour un jour. Apprends à un être humain comment pêcher et tu le nourriras pour la vie.’ Aucune d’entre elles n’a réussi à amener la Révolution Verte tant attendue en Afrique, à apporter une solution durable à la problématique alimentaire en apparence insurmontable du continent.

Enrobées d’une dose fatale de politiques et d’argent, ces solutions n’ont jamais été conçues pour résoudre une fois pour tout le problème de la faim et de la pauvreté alimentaire des citoyens africains. Pas étonnant qu’elles soient une recette désastreuse !

En temps de crises, les trous et lacunes dans nos systèmes alimentaires sont bouchés grâce aux denrées alimentaires provenant essentiellement de sources externes sous forme de dons. Mais peu de gens connaissent la face cachée de l’aide alimentaire aussi bien que les citoyens africains-mêmes.

L’expérience montre que l’aide alimentaire arrive toujours trop peu et trop tard pour ceux qui ont le plus grand besoin. Qui plus est, l’aide alimentaire a détruit les systèmes de production alimentaire qui existaient sur le continent, créé une débilitante mentalité d’assistés (The Challenge of African Economic Recovery and Development), et modifié les habitudes alimentaires des citoyens africains.

Au lieu d’un problème d’image, la crédibilité de l’aide alimentaire, mue en grande partie par des intérêts particuliers, est sérieusement minée par des questions d’ordre éthique.

Contester l’aide alimentaire vaudrait certainement à secouer une ruche d’abeilles au risque de subir des piqures fatales. L’aide alimentaire s’avère une affaire particulièrement lucrative et en plein essor, qui n’est pas prêt de faire faillite dans un avenir proche.

N’est-t-il pas grand temps pour nous de faire le ménage dans notre propre maison au lieu de lustrer nos sébiles, d’arrêter de nous servir de l’aide alimentaire comme un raccourci facile, un pansement pour cacher notre défaillance à répondre aux besoins alimentaires de nos populations, d’arrêter les importations alimentaires et d’investir nos devises chèrement gagnées pour développer nos propres systèmes alimentaires ?

Dans l’état actuel des choses, la main qui nous nourrit n’est pas la nôtre, mais celle de quelqu’un d’autre.

Comment avons-nous pu confier quelque chose d’aussi fondamental – l’alimentation, un besoin humain des plus primaires – entre les mains des autres ?

Le tabou que nous devons lever est celui de savoir où repose véritablement le pouvoir sur notre nourriture.

Les citoyens africains qui pensent qu’ils ont leur mot à dire concernant leur nourriture devront jeter un regard franc sur la vue d’ensemble. Ils découvriront, à leur grande consternation, qu’ils ne constituent qu’une infime partie dans ce grand schéma d’ensemble, qu’un instrument pour les étrangers qui détiennent le vrai pouvoir.

La nourriture est un des outils de contrôle des plus puissants, et nous devrons reprendre ce contrôle.

Pour ce faire, nous devons regagner notre place dans l’arène alimentaire. Nous devons remettre en question la vision obtuse et les gains de courte durée qui obscurcissent notre bon sens. Nous devons recommencer à zéro la recette alimentaire, qui devrait être débarrassée de tout ingrédient et toute pratique nocifs pour pouvoir la réussir. En d’autres termes, nous devons être prêts à agir selon nos dires et à nous salir les mains afin de pouvoir résoudre notre équation alimentaire.

Si l’on est sérieux à prendre des mesures afin de nous mettre sur la bonne voie, nous n’avons pas besoin d’aller chercher plus loin que la Chine, qui représente un bon exemple à suivre.

La célèbre devise chinoise, ‘un bol de riz par jour pour chaque citoyen’, a enclenché la transformation spectaculaire du système alimentaire de la Chine, assurant l’autosuffisance alimentaire de ce pays de plus d’un milliard d’âmes. Du fait qu’elle s’est attelée en premier chef à la tâche de nourrir son peuple, la Chine a pu partir du bon pied et s’engager dans le formidable travail pour développer son économie.

De la même manière, nous devons retourner à la case de départ pour débuter notre ascension à partir du bas de la pyramide des besoins. Nous devons nous nourrir en premier avant d’essayer de nourrir les autres, avant de forcer le programme de développement sur les citoyens africains. Nul être humain n’est capable de penser correctement le ventre vide !

L’alimentation doit figurer en première place sur la liste de priorités établies par chaque gouvernement africain. A mon avis, elle doit être le premier critère pour évaluer les performances socio-économiques d’un pays donné.

Pour que l’Afrique devienne une terre d’abondance, nous devons réparer notre chaine alimentaire défectueuse en transformant nos systèmes alimentaires en affaires rentables, en déployant une infrastructure adéquate permettant de soutenir l’ensemble de notre chaine alimentaire, et en approvisionnant les marchés locaux, nationaux et régionaux de produits alimentaires de bonne qualité et bon marché.

En effet, pourquoi devrions-nous nous procurer du riz chinois ou indien alors que l’on a du riz africain cultivé localement ? Pourquoi devrions nous dépenser plus d’argent sur du café d’emballage italien alors que l’on peut acheter le meilleur café au monde directement à la source, l’Ethiopie ?

Heureusement, il y a une petite lueur d’espoir.

Des pionniers donnent autant de raisons d’espérer étant donné qu’un certain nombre d’investisseurs africains ont misé gros sur le secteur alimentaire (Dangote opens Nigeria Tomato Factory to vie with Chinese Imports).

Les ressources alimentaires de l’Afrique, autrefois méprisées, reviennent en force, acclamées comme aliments miracles par l’Occident.  Les cultures oubliées de l’Afrique  commencent également à  faire une réapparition timide sur la scène alimentaire du continent.

Nous devrons ressusciter et cultiver nos premières ressources alimentaires, non pas à cause d’un changement d’avis du côté de l’Occident, mais plutôt parce qu’ils constituent une part essentielle de notre alimentation. Or, il se trouve qu’elles soient mieux adaptées à nos environnements, nos systèmes digestifs, voire même peut-être à notre constitution génétique.

Toujours est-il, nous devons être conscients que le changement que nous recherchons ne s’effectue pas à nos dépens. Nous devons interroger les vertus, les limites et les détails pratiques du changement en question avant d’agir.

L’effort de modernisation de notre système alimentaire ne doit pas être un jeu perdant.

Si l’on examine le problème épineux des Organismes génétiquement modifiées (OGM) – une appellation plus huppée pour désigner la sélection végétale – on doit comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’un combat entre ceux qui soutiennent et ceux qui opposent la technique. Au contraire, tout le débat est centré sur la question de propriété, sur la bataille qui se déroule entre les véritables détenteurs des ressources alimentaires et ceux souhaitant prendre le contrôle de ces ressources, utilisant la technologie comme prétexte.

N’est-ce pas ceci à la base des polémiques qui entourent les opérations de Monsanto et de la Fondation Gates dans le secteur agricole en Afrique ?

La technologie ne doit tenter en aucun cas de remplacer, mais doit plutôt compléter la richesse de connaissances que nous avons entre nos mains, un savoir qui a passé l’épreuve du temps. Nous devons documenter ce savoir et mener des recherches plus poussées afin de tirer le plus grand profit de ces connaissances si l’on cherche à moderniser nos systèmes alimentaires.

Mais, plus important encore, on doit s’assurer que l’on est – et continue de l’être – les gardiens de nos ressources et biodiversité alimentaires, comme on l’a été durant des millénaires. Nous devons donc être prêts à pourvoir à nos peuples tout ce dont ils ont besoin pour sauvegarder cette richesse pour les générations à venir.

Coincés entre deux mondes, le monde de l’abondance et le monde de l’insuffisance, nous avons complètement échoués à raconter notre récit alimentaire, notamment à nous-mêmes. Une façon de changer cette situation est d’établir des ponts nous permettant de relier ces deux mondes afin de pouvoir écrire notre nouvel récit alimentaire qui est en parfait accord avec les besoins et aspirations de nos peuples.

Nourrir l’Afrique peut paraitre un combat difficile, une bataille perdue d’avance. Mais c’est possible – tant qu’il y a une forte volonté et un fort engagement de notre part.

Nous avons tous les éléments de solution entre nos mains et nous ne devons pas les laisser filer entre nos doigts.

Le choix vous revient, citoyens africains, de décider si vous souhaitez devenir les principaux acteurs de votre récit alimentaire, les propriétaires de la main qui vous nourrit.

La promesse de cette décision garantit la liberté, puisqu’au bout du compte l’indépendance de nos pays est intimement liée au pouvoir que l’on a sur notre alimentation.

Le danger de l’inaction est la servitude, car la main qui vous nourrit dirige votre monde.

La main qui donne, la main qui dirige – Proverbe bantou, cité par Patrice Lumumba

(2 avril 2016)

Qu’avez-vous à dire à ce sujet ? Impliquez-vous et prenez la parole!

 

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