Silence! On fait du bruit!

Travaille dur en silence et laisse ta réussite faire du bruit’– Frank Ocean

Dis-moi : pourquoi voudrais-tu que je fasse taire mon silence pour que tu fasses ton bruit ? Pourquoi devrais-je laisser ton bruit régner sur ma vie ?

Ce lieu que j’appelle ‘chez moi’ n’est plus le même. L’ambiance a changé. Ces derniers temps, un régime sonore quelque peu singulier s’est imposé, s’installant sur ma ville tel un intrus indésirable.

Les villes du monde entier ne sont pas étrangères au bruit. Tout comme la vue, l’odeur, le toucher et la saveur, les sons confèrent un caractère, un rythme et une ambiance propre à un endroit.  La confluence des sons, qui s’enchevêtrent, se chevauchent et s’entrechoquent sans cesse, crée une superposition et une texture de vibrations particulières à chacune des villes.

Toute personne peut aisément, presque instinctivement, établir une connexion émotionnelle avec un endroit particulier au moyen des sons, puisque ces derniers ont tendance à laisser une forte impression tant sur les habitants que sur les gens de passage.

Le réveil récent de l’Afrique est en phase de transformer nos villes en métropoles en pleine effervescence. Alors même que notre paysage se métamorphose sous nos yeux, notre environnement sonore subit également un changement profond – quoique pas toujours positif, et beaucoup moins structuré.

Une explosion de sons s’est emparée des villes africaines d’une manière rebelle. Les sons se sont multipliés, amplifiés, et intensifiés. De nouveaux sons sont apparus tandis que les anciens s’éteignent rapidement à l’horizon.

Ces jours-ci, nos villes bougent au son d’une toute autre cadence. Plus fort, plus vite, plus fou est le nouveau style. Un niveau excessif de bruit est la nouvelle norme. Cela est d’autant plus manifeste dans le cas des grandes villes tentaculaires de l’Afrique.

Quand je me déplace dans ma ville ou quand je reste immobile à l’affût de ses vibrations, tout ce que j’entends est un mélange de tons et de notes sonores débités sans relâche, une cacophonie bruyante, tapageuse et chaotique.

Ces sons sont ceux d’un lieu qui a perdu son équilibre, d’un lieu que je n’arrive plus à reconnaitre, encore moins m’y retrouver.

Je ne me rappelle pas d’un environnement sonore aussi criard dans le temps.

Il n’y a pas si longtemps que mes réveils matinaux étaient salués par le chant des oiseaux ; que je pouvais entendre les calmes appels au prière des mosquées et des églises dans le lointain, le rire agréable des enfants jouant aux alentours, une circulation routière légère, la douce tonalité des échanges; lorsque le son de la pluie sur un toit en tôle berçait mon sommeil, lorsque le son du bruissement des feuilles me détendait – le tout résonnait à mes oreilles comme une délicieuse mélodie, des sons qui faisaient que je me sentais chez moi.

Pourquoi alors cette ruée soudaine vers le bruit?

Comme si pour tenter de suivre le rythme effréné de la transformation en cours en Afrique, le grondement de nos villes est devenu de plus en plus assourdissant. Le bruit se décline désormais sous toutes ses formes et couleurs, devenant un aspect incontournable de nos vies urbaines.

Malheureusement, rien n’y échappe.

D’une indiscrétion infinie, le bruit est en passe d’envahir nos vies à tous les niveaux – à savoir, nos foyers, nos quartiers, nos rues, nos lieux de cultes, nos lieux de travail, nos écoles, nos lieux de détente et de recréation, voire nos hôpitaux. Au sein de nos maisons-même, le bruit prétend aux coins et recoins paisibles de nos vies, sans notre consentement.

Ce que je trouve de plus inquiétant, c’est l’intention délibérée de semer le désordre sonore qui est en train d’engloutir nos villes, au grand dam de ses habitants et du milieu naturel qui les entourent.

Le bruit se déchaîne de manière inconsidérée dans toutes les directions, en tout temps et en tout lieu, perturbant la tranquillité et la paix de nos villes et rendant la vie quasiment intolérable pour nous les citadins.

A partir de l’instant où je sors de chez moi, la première chose qui m’accueille est un déluge fracassant et tumultueux. Je ressens la vague écrasante de sons qui se dirige vers moi comme une grande gifle. Mes oreilles subissent à longueur de journée un barrage assourdissant de bruit.

Les klaxons criards de voitures, le hurlement des sirènes d’urgence, le ronronnement sourd des groupes électrogènes à diesel, les sonneries agaçantes des téléphones cellulaires, le déferlement rugissant de musique et d’annonces publicitaires en provenance de magasins et de véhicules, les appels bruyants lancés par des marchands de rues qui essaient d’aguicher les passants avec leurs marchandises, les programmes éducatifs et religieux braillés dans des mégaphones, les réceptions de mariages et les services funéraires clamés dans des haut-parleurs – il doit sûrement y avoir une guerre générale des sons.

Une bataille féroce pour une suprématie en matière de bruits est bel et bien entamée, au point où tout le monde se bouscule pour remporter le prix du plus grand tapageur.

Ma porte se ferme sur le monde extérieur et pour quelques infimes secondes, je sens un certain calme descendre sur moi. Hélas, mon répit est de courte durée.

Les murs de ma maison, faiblement isolés au bruit, succombent sous le poids du bruit extérieur, s’inclinant sans lui résister. En dépit de toutes mes tentatives pour le bloquer ou l’étouffer en mettant de la musique, j’échoue lamentablement à créer un havre de paix serein que mon corps et mon esprit recherchent désespérément.

La nuit s’éveille avec son lot de sons, comme s’ils se tenaient prêts à reprendre ma ville. Jadis marquée par l’aboiement des chiens et le rire des hyènes, les concerts en plein air, les fêtards qui s’amusent dans les boîtes de nuit, les bars, les soirées et autres réceptions jusqu’à tard dans la nuit, une foule ivre qui se défoule, sont maintenant partie intégrante de la vie nocturne de la ville.

A l’arrivée d’une nouvelle aube, je remue dans mon lit, privée de mon sommeil et anxieuse à l’idée de passer une autre journée de vacarme pur. Mais je dois me lever et affronter ma journée, comme tous les autres jours, forcée de me soumettre aux martèlements constants, sans répit en vue pour mes oreilles maltraitées.

Nos villes sont devenues quasiment des machines à bruits, rendant notre vie un enfer sur terre et asphyxiant le silence de notre existence.

Même la nature semble se retirer de notre paysage urbain. Les oiseaux sont devenus des visiteurs moins fréquents de nos jardins et de nos parcs, alors que les hyènes ont coupé les liens avec nos villes pour devenir un rare phénomène nocturne.

Pourtant, il y a de ceux qui considèrent le bruit comme le signe omniprésent de dynamisme et de vitalité, le mal nécessaire dans notre poursuite de la modernisation. Ils sont fiers du fait que leurs villes soient assimilées à une ruche débordant de vie et d’activités. Pour eux, le bruit donne l’accès au club exclusif des villes en mouvement, des villes qui ne dorment jamais à l’instar de New York ou de Hong Kong.

Toutefois, si nous ouvrons grand nos oreilles et prêtons suffisamment attention, nous pouvons entendre l’indignation qui monte contre le bruit.

Prenons l’exemple des grandes villes africaines. Les citadins de Lagos, Addis Abéba et Kinshasa dénoncent l’usage abusif des haut-parleurs et des mégaphones par les établissements religieux pour répandre leur message.

Les restaurants, les boîtes de nuits et les bars installés à proximité des quartiers résidentiels, des écoles, des bureaux, et des hôpitaux sont accusés de grands tapages suscitant les plaintes de la part des écoles à Kinshasa alors que les écoles elles-mêmes constituent une source insoupçonnée de bruits dans certaines villes (Un endroit pour tuer le temps)

De la même façon, une circulation routière chaotique et assourdissante est pointée du doigt comme la principale nuisance sonore au Caire, classée troisième ville la plus bruyante au monde (Where is the world’s most stressful city?), et à Lagos (Lagos Horn-free Day: How Free?).

Un bruit sans pardon et sans limite a bouleversé le rythme de nos vies, perturbant le monde et le mode de vie que nous avons toujours connus.

Tellement puissante est l’influence qu’exerce le bruit sur nos vies qu’il nous a changés de manière radicale.

Nous sommes devenus insolents et agressifs dans notre tapage, se disputant en permanence et n’hésitant pas à utiliser nos klaxons, nos téléphones cellulaires, nos haut-parleurs et nos mégaphones comme moyens pour se faire entendre et prouver que l’on a raison.

Nous sommes pris au piège par un mur de bruits qui s’avance à grands pas pour se refermer sur nous à mesure que nous sommes entrainés toujours plus dans le tourbillon des sons. Etourdis par le tintamarre qui règne autour de nous, nous poussons nous-mêmes et les autres à bout jusqu’à ce que l’on devienne insensible et que l’on s’abandonne à la folie bruyante qui nous a pris en otage. Dépassés par une surenchère de sensations, nous finissons par imiter et résonner le désordre qui nous entoure.

Nous sommes devenus le bruit-même au dépens des choses de la vie qui nous sont chères – notre bien-être et notre mode de vie.

Les effets néfastes du bruit sur notre santé sont bien connus.

Une exposition à des niveaux de sonorité élevés – c’est-à-dire au-delà du seuil de 55 décibels établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – est nuisible à tous les membres de nos sociétés. Elle est liée à un haut niveau de stress et d’hypertension, à un plus grand risque de maladies cardiaques et mentales, à des troubles de sommeil et des problèmes auditifs, qui sont quelques-uns des maux de santé en plein essor dans nos villes.

Aussi, nous sommes devenus facilement irritables, impatients, et sujets aux accidents. La perte de notre silence, et partant de notre capacité à nous concentrer et à réfléchir correctement, se traduit par des performances médiocres au travail et dans les écoles.

Une étude intéressante menée sur une communauté pastorale namibienne a montré combien les citadins sont plus distraits et moins concentrés que leurs confrères des zones rurales, mettant en lumière le fossé sonore qui se creuse entre le milieu rural et le milieu urbain.

Malheureusement, à fur et à mesure que les villes africaines se forment et s’accroissent, la culture du bruit continuera d’élargir sa portée. Les migrants des zones rurales ont tendance à adopter rapidement les pratiques bruyantes des villes africaines, alors même que la tendance sonore des grandes villes s’étend comme un feu de brousse embrasant les villes et centres urbains secondaires et de taille plus petite.

Etre bruyant pour se faire remarquer rime rarement – et encore  – avec le progrès, la substance ou le prestige. Au contraire, il donne aux gens et aux sociétés une importance et un objectif illusoire.

Qu’est-ce le bruit si ce n’est une folle envie d’attirer l’attention, un ardent désir d’affirmation ?

Ne fais-tu pas de bruit juste pour attirer l’attention sur toi-même et de te faire valoir aux yeux des autres ? Ne cries-tu pas haut et fort parce que tu as trop peur que ta voix ne se perde dans le brouhaha? Ne cherches-tu pas à laisser ta marque, ton empreinte sonore sur un monde qui préfère t’ignorer ?

Peut-être, faire du bruit est ta façon de cacher ton insécurité, ton mensonge ou ta vie d’apparences, de dévier l’attention de la vérité, et d’enterrer les voix qui risquent de te dénoncer. Ou tout simplement, ce serait pour toi une façon de s’évader, même si brièvement, de ton train-train quotidien, d’une réalité qui peut être parfois épouvantable.

Quelques soient tes raisons, tu réclames constamment mon attention, cherchant à contrôler mon esprit. Mais dans ta quête, tu as chassé le silence de ma vie et meublé le vide avec ton bruit rien que pour me laisser vide telle une calebasse creuse qui claque au vent.

Pourquoi ton bruit est-il si rancunier de mon silence ?

Le silence, l’antidote parfait contre ton bruit, un plaisir rare pour mes oreilles fatiguées.

Dans ce monde d’aujourd’hui, le silence est un bien précieux, quoique sous-estimé et déprécié. Perçu comme étant démodé, le silence est relégué au dernier rang dans nos vies tandis que le bruit est une tendance en vogue, un trait de caractère indispensable pour réussir que chaque personne, entreprise et société se doit de posséder.

Loin d’être une notion étrangère, le silence reste une qualité prisée dans de nombreuses cultures africaines. Mais dans notre hâte d’adopter la modernité, nous nous empressons de renoncer notre silence au profit du bruit.

Pourtant, le silence est fondamental pour nos vies. Il demeure l’outil vital pour se frayer un chemin dans ce monde.

Au lieu de fuir le silence, nous devons renouer les liens avec le silence afin de comprendre sa valeur spéciale et de tirer avantage de ses nombreuses vertus. Ce qui est bien dans le silence, c’est qu’il n’exige aucun déguisement ni prétention de notre part, mais plutôt nous laisse être.

Le silence nous offre la chance de trouver un juste milieu dans notre relation entre nous-mêmes et le monde externe. Il nous permet d’immerger au cœur de la nature sauvage de notre moi, de rétablir le contact avec nous-mêmes, et de découvrir les trésors cachées de notre monde interne et externe.

C’est le silence qui nous permet d’exploiter le potentiel que nous recelons, de laisser libre cours à notre créativité, et de nous élever davantage en tant qu’êtres humains. C’est le silence qui nous permet de diriger la marche vers notre destin.

Le silence est puissant.

Nous pouvons reconnaître le pouvoir guérisseur du silence dans la manière dont il calme les tensions et restitue la paix et le bon sens dans nos vies, dont il apaise et revigore nos esprits et nos corps, et dont il nous permet de rétablir notre équilibre, de remettre les compteurs à zéro, et de faire table rase pour tout recommencer.

Le silence est un instrument puissant pour mener une réflexion et une méditation approfondies. Il nous permet de rassembler et de trier nos pensées, de stimuler nos esprits pour réfléchir de manière créative et proposer des solutions, et de nous aider à trouver une perspective et un objectif renouvelés. Il nous permet, par ailleurs, de plonger dans une contemplation d’un ordre supérieur.

Le pouvoir du silence repose également sur sa capacité à communiquer nos messages et nos émotions de façon beaucoup plus éloquente, sans avoir recours aux mots. Nous pouvons ainsi témoigner de son élégance lors des scènes de silence dans les films (The Mystery Box) ou des intervalles de silence dans une pièce de musique.

Pour revenir à ma première question, je voudrais te dire ceci.

Non. Je ne vais pas taire mon silence pour toi. Je ne vais pas laisser ton bruit dominer ma vie.

J’ai besoin de mon silence.

J’ai besoin du silence pour que mes oreilles se reposent un peu. J’ai besoin du silence pour découvrir mon moi et ma voix. Pour cela, je veux que tu fasses taire ton bruit pour que je me glisse dans mon silence.

Tout comme toi tu jouis de ton droit au bruit, j’ai le droit à ma part de silence pour savourer mes moments de trêve et de repos, loin de ton monde bruyant.

Mais je ne suis pas ici pour me disputer ou me battre avec toi. Ce que je suggère plutôt, c’est que l’on dépose nos armes, que l’on mette de côté nos désaccords et que l’on arrive à un compromis.

C’est pour cela que je t’invite à sortir de ton bruit pour être dans mon silence.

Essayons de vivre le silence ensemble. Essayons d’arrêter un instant nos vies agitées, de nous déconnecter du bruit externe pour nous connecter au monde de la tranquillité. Essayons de laisser le silence nous envelopper tout doucement alors que nous absorbons le silence en silence.

Il est important que l’on apprenne à accueillir le silence de nouveau dans nos vies et nos villes, que l’on s’arrête pour se donner ainsi qu’aux autres des moments de silence.

Ainsi, nous devons travailler main dans la main afin de réconcilier ton bruit avec mon silence.

Si nous voulons bâtir un mode de vie harmonieux, nous devons nous rendre à l’évidence que le silence et le bruit peuvent coexister de manière pacifique. Contrairement à la croyance que le silence et le bruit s’excluent mutuellement, les deux sont en réalité complémentaires. De ce fait, le bruit devra donner l’opportunité au silence pour qu’il puisse se développer et s’épanouir dans nos villes.

Ensemble, nous devons arriver à un accord visant à établir une ligne de démarcation entre les demandes concurrentes du bruit dans notre monde moderne et nos besoins élémentaires en silence dans nos vies. Nous devons mettre un frein au bruit anarchique et recommander des solutions adéquates pour la pollution sonore qui sévit dans nos villes.

Sinon, nous risquons de nous retrouver en situation de crise qui opposera les tapageurs aux citadins en quête de silence. Là où aucune autorité ne se porte volontaire pour prendre la souffrance des citadins suffisamment au sérieux pour intervenir, l’affrontement peut facilement dégénérer et les gens peuvent décider de se faire justice eux-mêmes.

Un bon cas d’exemple est celui de la Chine, un pays étroitement contrôlé mais ayant connu récemment des soulèvements contre les tapages sonores (China’s noisy dancing retirees have local residents up in arms) qui ont dérapé, certains d’une façon assez marrante (Residents buy speakers to yell at Noisy Public Plaza Dancers).

Prends bien note, les gens ne resteront pas les bras ballants à regarder des tapageurs comme toi perturber leur calme et détruire leur vie.

Dans nos pays où les cas de nuisances sonores sont courants et où les plaintes des citadins continuent de tomber dans l’oreille de sourd, cela suscite des questions telles que les suivantes : Le bruit est-il devenu un outil pour détourner notre attention des vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés tous les jours ? Qu’est-ce que cela révèle concernant le processus d’urbanisation anarchique en cours dans nos villes ? Les discours des autorités visant à résoudre la pollution sonore sont-ils ni plus ni moins qu’un simple brassage d’air ? Pourquoi radicaliser nos sociétés sur la question du bruit ?

Au moment où l’Afrique est en quête désespérée de paix et de solutions novatrices pour ses problèmes, il s’avère particulièrement urgent d’encourager le silence pour qu’il puisse s’implanter fortement dans notre conscience individuelle et collective.

Du fait de notre incapacité de nous offrir des enclaves de silence ou des centres de détoxification sonore des pays riches, nous devons nous attaquer à l’origine de la pollution sonore, en mettant en place et en vigueur un contrôle et une réglementation rigoureux, en identifiant les sources sonores et en menant des actions punitives contre les contrevenants reconnus coupables de tapages sonores.

Mieux encore, nous pouvons adopter une approche plus constructive pour tenter de résoudre la question du bruit dans nos villes et protéger le droit au silence de nos citoyens. La refonte du paysage urbain de notre continent représente une occasion formidable pour que l’on commence à intégrer la gestion du bruit dans la planification de nos villes futures.

Entretemps, une entité indépendante comprenant différents membres de nos sociétés peut être constitué afin de recenser, de gérer et de contrôler le niveau actuel de pollution sonore. L’éducation se révélera particulièrement décisive pour changer les façons de penser et enraciner une bonne culture alliant le silence au bruit dans nos villes.

Toutefois, si tu refuses de te joindre à moi et si tu continues de me tyranniser avec ton bruit, assures-toi que je ne garderai pas mon silence pour toi.

Qu’une chose soit claire. Mon silence ne doit pas être mépris pour de la peur ou l’acceptation de ton bruit.

Je ferai du bruit chaque fois que tu manques de respect pour mon droit et que tu me tourmentes avec ton bruit. Je ne vais pas me taire lorsque tu tentes d’étouffer ma voix. Je ne resterai pas muette lorsque tu troubles ma tranquillité, bouleverses ma vie, et détruis mon potentiel et mes aspirations pour une vie meilleure.

J’élèverai ma voix, je parlerai pour dire la vérité – ma vérité (The Danger of Silence) – pour mon bien ainsi que celui de nos sociétés.

Je ne te laisserai encombrer mon esprit avec ton bruit – avec le bruit des autres. Je suis tout à fait d’accord avec Steve Jobs qui nous a mis en garde en disant : ‘Ne laissez pas le bruit des autres étouffer votre voix intérieure’. En effet, pourquoi devrais-je me laisser emporter par le bruit des autres alors que je peux me mettre à l’écoute de ma propre voix?

C’est juste une question de temps avant que ton bruit arrogant ne se heurte à une résistance tenace.

Quand les gens découvriront le vrai motif derrière ton bruit, quand ils t’exposeront et te démasqueront pour dévoiler ta véritable identité, ils te poursuivront pour anéantir ton bruit et réclamer leur silence.

Citoyens africains, allez-y, revendiquez votre droit au silence puisqu’il vous revient de droit. N’ayez pas peur de faire taire le bruit autour de vous et de vous mettre à l’écoute de votre propre soi pour pouvoir découvrir votre force, votre chemin et votre voix.

Quand bien même il s’avère essentiel pour vous de voir votre propre image dans le miroir (Afrique – Image dans le miroir), il est également important que vous trouvez votre propre voix dans le silence. Faites en sorte que la réflexion et la méditation constituent une priorité dans votre vie, et surtout, agissez pour réaliser vos idées.

Pour finir, un petit conseil pour toi, le tapageur. Chaque fois que tu penses à faire ton chahut, penses au tonnerre, ce magnifique spectacle naturel de sons et de lumières.

Travaillons ensemble dans le silence, laissons nos actions éblouir d’elles-mêmes, et nous pourrons ensuite célébrer notre réussite en faisant un bruit retentissant à la fin.

Une bonne affaire pour nous deux, ne dirais-tu pas ?

 (27 décembre 2015)

 Qu’avez-vous à dire à ce sujet ? Impliquez-vous et prenez la parole!

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